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Après plus de vingt-cinq années de négociations, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur devait incarner un tournant majeur du commerce international. Présenté par la Commission européenne comme un levier stratégique de croissance, de compétitivité et d’influence géopolitique, le traité est pourtant aujourd’hui à nouveau ralenti.

Le 21 janvier 2026, le Parlement européen a en effet décidé de saisir la Cour de justice de l’Union européenne afin d’obtenir un avis juridique sur la conformité du texte aux traités européens. Cette décision suspend le processus politique de ratification d’au moins un an et demi et plonge les acteurs économiques, en particulier les professionnels de l’agroalimentaire, dans une phase prolongée d’incertitude réglementaire et commerciale.

Si cette saisine de la Cour ne constitue pas un rejet de l’accord, elle marque cependant un coup d’arrêt significatif. Reflétant les tensions persistantes entre les ambitions commerciales de l’Union européenne et les inquiétudes croissantes liées aux impacts agricoles, environnementaux et sociaux du traité. Pour les industriels agroalimentaires européens, l’enjeu est majeur : l’accord UE-Mercosur pourrait redessiner durablement les flux commerciaux, les chaînes de valeur et les équilibres concurrentiels de nombreuses filières.

Créer l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde

L’accord UE-Mercosur s’inscrit dans un contexte mondial de recomposition des échanges. Négocié depuis la fin des années 1990 entre l’Union européenne et les quatre États membres du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), il vise à créer l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde. Ensemble, les deux blocs représentent près de 700 millions de consommateurs et un poids économique considérable. Le texte prévoit l’élimination progressive de plus de 90 % des droits de douane entre les parties, couvrant aussi bien les produits industriels que agricoles.

SOURCE : AGRO-MÉDIA.FR
Accord UE-Mercosur : L’agroalimentaire face à une incertitude prolongée | AGRO-MEDIA.FR