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Une thèse de Veronica Bonomelli, chercheuse au CIHEAM-IAMM, analyse les stratégies d’approvisionnement de deux collectivités de l’Hérault et révèle que le levier de la restauration collective reste marginal pour transformer les pratiques agricoles.

Les lois EGalim et Climat et Résilience ont imposé des objectifs d’achats durables à la restauration collective publique. Mais ces nouvelles stratégies d’approvisionnement contribuent-elles réellement à faire évoluer les modèles de production agricole ? Veronica Bonomelli, chercheuse post-doctorante au CIHEAM-IAMM, apporte un éclairage nuancé dans une étude publiée par la Chaire Unesco Alimentations du monde en janvier dernier.
Sa recherche s’appuie sur l’analyse approfondie de deux initiatives : la ville de Montpellier avec son programme « Ma cantine autrement » (15 400 repas par jour, 3,5 M€ d’achats alimentaires) et l’Agglomération du Pays de l’Or avec « Agribio » (4 000 repas quotidiens, 1,2 M€ d’achats). Ses travaux, basés sur 74 entretiens avec élus, agents de collectivités, organisations agricoles, agriculteurs et transformateurs, ont été complétés par des observations de terrain.

Une écologisation des pratiques très limitée

Les deux territoires partagent une logique commune : valoriser la production de proximité, avec une attention variable aux dimensions écologiques. À Montpellier, l’approvisionnement mobilise entreprises de transformation régionales ou nationales, légumerie travaillant avec des agriculteurs locaux aux pratiques conventionnelles, et producteurs engagés dans des certifications environnementales faibles comme la HVE. Au Pays de l’Or, les cantines s’approvisionnent directement auprès d’un groupement d’agriculteurs bio du territoire, rassemblant des profils variés : du petit maraîcher diversifié en circuits courts au producteur spécialisé dans les circuits longs.
Le constat est sans appel : les interactions avec la restauration collective conduisent surtout à des ajustements techniques ou commerciaux (adaptation des formats, nouveaux conditionnements, investissements logistiques) plutôt qu’à une réelle transition des modes de production.

SOURCE : ZEPROS.FR
Cantines durables : quel impact sur la transition agroécologique ? | ZEPROS.FR